
Yamoussoukro,
le 27 juin 2012
-
Excellence
Monsieur le Président de la République ;
-
Messieurs
les Ministres d’Etat ;
-
Mesdames
et Messieurs les Ministres;
Excellence Monsieur le
Président de la République,
C’est
avec une vive émotion que je prends la parole ce matin à Yamoussoukro, ville
natale du Président Félix Houphouët-Boigny, où se tient pour la première fois,
le Conseil des Ministres du Gouvernement que vous avez bien voulu former, il y
a de cela un peu plus de 100 jours aujourd’hui.
A
cette émotion, se mêle une joie profonde, puisque la présente session du
Conseil des Ministres se réunie au lendemain, de l’annonce d’une grande et très
bonne nouvelle ; celle de l’atteinte
du point d’achèvement de l’initiative en faveur des Pays Pauvres Très Endettés
(PPTE), décidée par le Fonds Monétaire International (FMI) et l’Association
Internationale de Développement (IDA) de la Banque Mondiale.
L’atteinte du
point d’achèvement de l’initiative PPTE, permet, à notre pays, d’obtenir un
allègement de la dette de 4 051 milliards de francs CFA sur un stock à fin juin 2012 de 6 373, 8 milliards de FCFA, soit un taux d’allègement de 64%.
Cet allègement
prend en compte, une annulation directe de 2 789,3 milliards de FCFA et un traitement, au titre des Contrats de
Désendettement et de Développement (C2D), pour un montant de 1 300 milliards de FCFA, destinés à financer des
investissements prioritaires, retenus dans le Plan National de développement
(PND).
En termes de
ratio, par rapport au Produit Intérieur Brut (PIB), le stock de la dette
extérieure devrait passer de 51% à fin juin 2012, à 28,5% après allègement, hors C2D, et à 18% du PIB, avec la prise en compte des contrats de Désendettement et
de Développement (C2D).
L’atteinte du
point d’achèvement de l’initiative PPTE constitue donc une véritable bouffée
d’oxygène pour notre économie et ouvre grandement la voie à a reconstruction de
la Côte d’Ivoire ainsi qu’à son plein
développement.
C’est
pourquoi, je tiens, au nom de l’ensemble des membres du Gouvernement, et de nos
concitoyens, à vous rendre, Excellence
Monsieur le Président de la République, un grand hommage appuyé et
solennel, en votre qualité de grand artisan de cette victoire, qui témoigne de
la crédibilité et de la confiance retrouvées par la Communauté Internationale,
en la Côte d’Ivoire, sous votre hospice.
Je
demande donc à l’ensemble des membres du Gouvernement ici présents de vous
réserver, « un standing ovation »
pour vous traduire notre fierté, notre admiration et notre engagement renouvelé
de travailleur aux côtés d’un « Président
gagneur » !
(Merci).
Oui, Excellence
Monsieur le Président de la République, l’histoire qui est un témoignage
retiendra que, c’est sous vous, après seulement un an effectif d’exercice du
pouvoir exécutif, que la Côte d’Ivoire a réussi à vaincre, ce qui apparaissait comme un véritable signe indien
pour notre pays, qui depuis plus d’une décennie courait après cette mesure
d’allègement de sa dette.
Nous
associons à cet hommage, les autres Chefs de l’Etat ayant précédé votre
avènement à la tête de la Côte d’Ivoire, notamment le Président Henri Konan BEDIE, qui dans la
continuité de l’action de l’Etat, ont poursuivi cet important dossier.
Je
voudrais, avec votre permission, Excellence
Monsieur le Président de la République, féliciter Monsieur le Ministre de
l’Economie et des Finances, Charles
Koffi DIBY et ses collaborateurs, qui en véritables ouvriers, ont conduit
les négociations techniques avec le Fonds Monétaire International (FMI) et la
Banque Mondiale.
Aux
Responsables et aux équipes techniques de ces deux Institutions financières
internationales, j’exprime la reconnaissance du Gouvernement pour la
bienveillante attention avec laquelle, ils ont examiné le dossier de la Côte
d’Ivoire.
Excellence Monsieur le
Président de la République,
Vous
venez ainsi conclure, victorieusement,
le combat que hier, le Président Félix Houphouët-Boigny a mené âprement
et parfois dans l’incompréhension totale, contre le poids de la dette
extérieure, qu’il jugeait injuste, insupportable pour les finances publiques et
de nature à ruiner tous ses efforts de développement économique et social.
Excellence Monsieur le
Président de la République,
Notre
satisfécit de ce matin ne vient pas tant de notre nouveau statut de pays très
pauvre endetté, comme pourraient le penser des oiseaux de mauvais augure,
puisque nous savons tous que votre ambition est de faire de la Côte d’Ivoire,
un pays émergeant à l’horizon 2020.
Mais
nous voulons apprécier tout simplement et à sa juste valeur, le fait que la
Communauté financière internationale ait reconnu unanimement, à travers cette
mesure, les importants progrès accomplis par la Côte d’Ivoire depuis la fin de
la crise postélectorale, sous votre haute direction. Il s’agit notamment :
- de la mise en œuvre satisfaisante par le
gouvernement du Document de Stratégie
pour la Réduction de la Pauvreté (DSRP),
- du maintien d’une politique macroéconomique
saine,
- de la publication régulière de données sur les
finances publiques et la réforme de la gouvernance dans la filière café et
cacao etc.
Autant
d’éléments positifs et d’acquis majeurs qui ont fondé la décision de Fonds
Monétaire International et de la Banque Mondiale.
Excellence Monsieur le Président de la République,
Nous voulons donc
saisir cette heureuse occasion et la symbolique
des 100 jours de notre nomination en qualité de Premier Ministre, pour
vous réaffirmer, ici encore ce matin, et de façon solennelle, notre ferme
engagement à travailler avec ardeur, abnégation et loyauté, à vos côtés, pour
la mise en œuvre de l’ambitieux programme de développement économique et social
pour lequel les ivoiriens vous ont accordé leurs suffrages.
Nous
avons pleinement conscience, que nous devons bâtir, à vos côtés, une nouvelle espérance
pour nos concitoyens, en créant les conditions nécessaires pour l’émergence
d’une société ivoirienne, réconciliée avec elle-même, résolument au travail.
Nous
devons bâtir un véritable Etat de droit où les valeurs de mérite, de justice,
d’équité sociale et de fraternité sont érigées en règles absolues.
Nous
devons bâtir une véritable nation où toutes les filles et tous les fils de ce pays,
qu’ils soient du Nord, du Sud, de l’Est, de l’Ouest ou du Centre se sentent
réconciliés, fiers d’être ivoiriens.
Votre
Gouvernement, Excellence Monsieur le
Président de la République, ne faillira pas dans l’accomplissement de ce
devoir au service de notre mère patrie,
à qui nous avons l’obligation de donner le meilleur de nous-mêmes, en
reconnaissance de tout ce que la Côte d’Ivoire nous a apporté.
C’est
donc dans cet esprit, et ayant pleinement conscience de notre responsabilité
individuelle et collective devant Vous,
Excellence Monsieur le Président de la République, mais aussi devant le
Peuple ivoirien, et devant l’histoire, que nous voulons nous engager
solennellement, à nouveau ce matin, à servir avec amour et désintéressement la
Côte d’Ivoire.
Je vous remercie.