
Par le présent communiqué,
le Premier Ministre, Ministre de la Défense, Monsieur Guillaume
Kigbafori SORO, explique à la Communauté Nationale et Internationale,
l'arrestation de l'ancien Chef de l'Etat, Laurent GBAGBO et, face aux
exactions et pillages généralisés des biens, il partage les souffrances
des populations et les rassure.
1. L’ARRESTATION DE MONSIEUR LAURENT GBAGBO
Il y a eu trois (03) principaux acteurs :
- Les Forces Républicaines de Côte d’Ivoire ;
- L’ONUCI et la Force Licorne ;
- Les Populations Civiles Ivoiriennes.
a) LE ROLE DES FORCES REPUBLICAINES
Parties
de l’intérieur du pays, les Forces Républicaines ont conquis et occupé
toutes les villes pour se retrouver aux portes de la ville d’Abidjan que
Laurent Gbagbo a érigée en une véritable forteresse.
Mais le
courage et la détermination a permis aux Forces Républicaines
d’asphyxier les miliciens et mercenaires en maîtrisant les deux tiers de
la vaste commune de Yopougon et en consolidant leur présence depuis la
sous-préfecture d’Anyama jusqu’à la Riviera 2, en passant par la commune
d’Abobo, pour établir solidement une ligne infranchissable reliant
‘‘Carrefour Palmeraie - Ecole de Police - Carrefour de la vie - Pont du
Lycée Technique - GSPM de l’Indénié - Mairie d’Adjamé - Quartier
Boribana situé derrière l’Hôtel Sébroko’’.
Les Forces Républicaines ont obtenu ces acquis sans appui ni de l’ONUCI ni des Forces Françaises de l’Opération Licorne.
Par
son Communiqué n° 038 du 10 avril 2011, le Premier Ministre, Ministre
de la Défense, a fait un point exhaustif de la machine à tuer de Laurent
Gbagbo :
- des dizaines de chars et Orgues de Staline ;
- des centaines de véhicules 4X4 surmontés tous de
- mitrailleuses 14,5 et 12,7 mm ;
- des centaines de mortiers et LRPG7 ;
- des milliers de roquettes.
Tout
cela mis par Laurent Gbagbo à la disposition de milliers de mercenaires
recrutés aux quatre coins du monde et de miliciens formés sur place
depuis 2000, date de son accession au pouvoir.
Sous la pression
sans cesse grandissante des Forces Républicaines, les miliciens et
mercenaires s’en prenaient, à visage découvert, aux populations civiles
qu’ils exécutaient systématiquement.
Au cours des cinq derniers
jours, du jeudi 07 au lundi 11 avril 2011, les mercenaires et miliciens
ont tué cent quarante six (146) personnes. Ce chiffre ne prend pas en
compte les personnes disparues dans la même période.
Face à cette tragédie, la Communauté Internationale maintes fois interpellée pouvait-elle observer la situation sans réagir ?
b) LE ROLE DE L’ONUCI ET DE LA FORCE LICORNE
En
application de la Résolution 1975 du 30 mars 2011 du Conseil de
Sécurité des Nations Unies, les Forces de l’ONUCI et la Force Licorne
ont apporté seulement un appui aérien en détruisant au sol les dizaines
de chars et autres armements lourds de Laurent Gbagbo.
Les frappes aériennes ont été intensifiées du dimanche 10 au lundi 11 avril 2011.
Dès
l’arrêt des frappes, le lundi 11 avril 2011, aux environs de 11 heures,
les troupes à pieds constituées uniquement des soldats des Forces
Républicaines, déjà prêts aux alentours de la résidence présidentielle, y
ont fait leur entrée pour capturer Laurent Gbagbo.
Alors, ni les
troupes de l’ONUCI ni les soldats Français de l’Opération Licorne n’ont
mis pieds à l’intérieur de la résidence, même pas dans le jardin de
cette résidence.
c) LE ROLE DE LA POPULATION CIVILE
Dans une guerre, le facteur population jour un rôle essentiel.
En effet, la population présente sur le théâtre des opérations est soit favorable, soit défavorable.
La
population est capable du meilleur comme du pire pour une troupe. Elle
est capable du meilleur lorsqu’elle est favorable à la troupe ; en
revanche, elle est capable du pire lorsqu’elle est défavorable à la
troupe.
Dans la bataille d’Abidjan, les populations, tout bord
politique confondu, même celles qui ont voté pour Laurent Gbagbo dans
leur grande majorité, fatiguées de la souffrance que Laurent Gbagbo leur
a imposée, ont fini par soutenir les Forces Républicaines en leur
fournissant des renseignements dont certains ont favorisé la découverte
de plusieurs caches d’armes et munitions de Laurent Gbagbo, ce qui a
permis d’affaiblir les mercenaires et miliciens.
En attendant des
moments solennels, le Premier Ministre, Ministre de la Défense, exprime
sa satisfaction et adresse ses vives félicitations et sincères
remerciements aux troupes de l’ONUCI, aux troupes françaises de
l’Opération Licorne ainsi qu’aux populations civiles.
2. LE NOUVEAU DEFI
Laurent
Gbagbo a certes été capturé, dans les conditions voulues par son
Excellence Monsieur le Président de la République, mais les Forces
Républicaines ont encore du travail. D’ailleurs, le plus dur ne
commence-t-il pas maintenant avec ces milliers de mercenaires et
miliciens auxquels s’ajoutent ces centaines de bandits de grand chemin
que Laurent Gbagbo a fait libérer délibérément de la Maison d’Arrêt et
de Correction d’Abidjan (MACA) et armer ?
Au lieu de reconnaitre
leur défaite, tout comme Laurent Gbagbo, lui-même, et s’interroger sur
leur avenir parce que leurs commanditaires sont en fuite, mercenaires,
miliciens et soldats pro-Gbagbo parcourent les sous-quartiers des
communes où les Forces Républicaines ne sont pas encore présentes pour
piller et commettre des exactions. De leurs cachettes, des caciques du
clan Gbagbo continuent d’inciter à la haine ethnique, tribale et
religieuse.
De toutes les façons, ils sont activement recherchés par les Forces Républicaines.
Dans
son communiqué n° 038 du 10 avril 2011, le Premier Ministre, Ministre
de la Défense, s’est dit convaincu que Laurent Gbagbo ne pouvait, devant
Dieu, gagner la guerre. Et seulement le lendemain, c'est-à-dire le 11
avril 2011, les Forces Républicaines ont capturé Laurent Gbagbo vivant.
Aujourd’hui
encore, tout en partageant les souffrances des populations, il leur
promet qu’il met tout en œuvre pour leur redonner la joie de vivre.
D’ores
et déjà, les monstrueux monuments que le clan Gbagbo a construits à
travers les communes d’Abidjan, sont en train d’être détruits. Les
fondations de ces monuments renferment des ossements humains. Tous
seront détruits. Certains le seront spécialement en présence des ONG
Nationales et Internationales, des Organisations des Droits de l’Homme
et de Médecins Légistes.
Les patrouilles sont multipliées pour tisser une véritable toile de ratissage à travers toutes les communes.
Fait à Abidjan, le 12 avril 2011
P/Le Ministre de la Défense
Le Porte-parole
Capitaine ALLA Kouakou Léon