
Les premiers ministres ivoiriens et guinéens ont co-présidé ce lundi 20 février,
en début d'après midi, l'ouverture de la réunion interministérielle chargée de
preparer les travaux de la grande commission mixte ivoiro-guinéenne prevue pour
se tenir au mois d'avril 2012.
En reponse au mot de bienvenue du Premier ministre guinéen, le Preminier
ministre Guillaume Kigbafori Soro, a tenus ces propos.
Excellence monsieur le Premier
ministre, je voudrais commencer par remercier son Excellence Monsieur le
President de la République de Guinée ainsi que vous-même, votre gouvernement et
le peuple guinéen pour l'accueil chaleureux que nous avons reçu depuis notre arrivée.
Je dois dire que nous sommes entièrement satisfait des conditions de notre séjour
et de tout l'enthousiasme qui a entouré cette visite.
Je voudrais réaffirmer ici que nos
deux pays sont amis depuis bien longtemps. Bien entendu, nous sommes des
voisins, mais au delà de ce voisinage, nous partageons une grande proximité au
niveau de l'histoire, de la langue, de l'environnement. Ceci interpelle les dirigeants
des deux États dans le sens de la consolidation de ces liens et de cette proximité.
Vous vous en souviendrez Monsieur le Premier ministre, je vous disais il y a
peu, qu'élève puis étudiant, j'ai suivi les cours avec des amis guinéens
pendant plusieurs années, sans jamais savoir quelles étaient leurs particularités
ou signes distinctifs. Et nos relations étaient les meilleures du monde. C'est
pourquoi les Ivoiriens ont été peinés quand, il y a quelque temps, dans leur
histoire, la question de l'ivoirité, qui tendait à discriminer les citoyens, était
entrée dans le jeu politique. Nous considérons
que nous sommes le même peuple et que nous avons le devoir de bâtir une vraie solidarité
et une vraie amitié entre nos peuples! Notre visite de ce jour s'inscrit dans
cette logique. Exactement comme la visite précédente du Chef de l'Etat
s'inscrivait dans l'optique de renforcer les liens d'amitié, de fraternité et
de solidarité entre les deux pays.
Comme vous le savez, les deux chefs
d'Etat ont demandé que les chefs de gouvernement se retrouvent pour concrétiser
les engagements qu'ils ont pris devant nos peuples. Nous nous inscrivons dans
cette dynamique, pour approfondir les réflexions sur les domaines qui avaient été
identifiés.
Je voudrais vous remercier et vous dire toute
notre satisfaction, eu égard aux échos que nous recevons à Abidjan, pour les progrès
immenses que le gouvernement de Guinée a réalisés. Je sais qu'une mission de la
Banque mondiale a séjourné ici, puisqu'elle a également séjourné en Côte
d'Ivoire. Nous voyons que sur le plan économique, bien des progrès ont été réalisés.
Ceci est à votre avantage et est à saluer par la sous-région, notamment les
Ivoiriens que nous sommes.
Pour ce qui nous concerne, la Côte
d'Ivoire a vécu une crise grave. Vous le savez, la crise postéelectorale a engendré
bien des malheurs et occasionné des milliers de morts dans notre pays. Notre responsabilité
en tant que Gouvernement, est d'amener la Côte d'Ivoire à sortir de cette
crise. C'est ce que nous faisons. Nous avons, au lendemain du 11 avril 2011, hérité
d'un pays où il n'y avait ni Police, ni Gendarmerie, et où la situation humanitaire
était catastrophique. Il n'y avait aucune institution. Elles avaient toutes été
frappées d'illégalité puisqu'atteintes par les limites legales. Nous avons travaillé
de façon inlassable pour remettre à flot ces institutions et offrir aux
Ivoiriens de bien meilleures conditions de sécurité. Car sans sécurité il n'y a
pas lieu de parler de développement. Aucun investisseur ne se risquerait à
aller dans un pays où la sécurité
n'existe pas.
Je suis plutôt content aujourd'hui
que nous ayons achevé le processus de mise en place des institutions, avec les législatives
dont les partielles vont avoir lieu bientôt. Nous avons déjà mis en place le
Conseil constitutionnel, le Conseil économique et social etc. Nous allons clôturer
ce processus avec la mise en place de l'Assemblee nationale prévue pour le mois
d'avril 2012 .
Nous avons également engagé la Réforme
du Secteur de la Sécurité dans notre pays. Nous avons travaillé à mettre en
place une Police, aujourd'hui opérationnelle. La Gendarmerie nationale est également
opérationnelle. L'Armée nationale est en cours de restructuration mais, nous
avons espoir que tout ce processus se déroule dans de très bonnes conditions.
Et je pense qu'il y a matière à échanger les expériences, Monsieur le Premier
ministre.
Nous sommes dans le même environnement,
dans le même espace. Nous avons les mêmes préoccupations. Nous gagnerions à échanger
nos expériences réciproques. Je voudrais donc, vous dire, Monsieur le Premier
ministre, toute la disponibilité de la délégation ivoirienne à travailler avec
le gouvernement guinéen. Notre vœu aujourd'hui c'est que la voie indiquée par
les deux chefs d'Etat, dans laquelle nous nous inscrivons, soit renforcée, afin
que tous les actes que nous poserons soient au bénéfice de nos populations.
Voici Monsieur le Premier ministre,
les propos que je tenais à vous adresser pour vous signifier toute la joie de
la délégation ivoirienne ainsi que la mienne propre à être reçu ici, en terre de Guinée. Et la confidence que je vous fait,
Excellence, c'est que c'est la toute première fois que je foule le sol de la Guinée.
Et c'est avec un grand plaisir que je le fais. L'histoire de la Guinée est une
histoire connue, c'est une histoire dont tout africain est fier.
Je vous remercie.